L'image manquante de Rithy Panh - avec Christophe Bataille
« On leur avait
donné un ordre :
ne jamais touché
l'ennemi de la main.
L'ennemi,
c'est moi.
J'ai treize ans. »
(page
13 dans l'édition Grasset)
Auteur :
Rithy Panh, avec Christophe Bataille
Genre :
commentaire du film L'image
manquante (69 pages !)
Parution :
2013
L'édition
que j'ai choisie : Grasset
Prix
du film : Prix
« Un certain regard » au festival de Cannes de 2013
Résumé
(de l'édition) :
« Il
y a tant d’images dans le monde, qu’on croit avoir tout vu.
Depuis des années, je cherche une photographie prise entre 1975 et
1979 par les Khmers rouges, quand ils dirigeaient le Cambodge. A elle
seule, bien sûr, une image ne prouve pas le crime de masse ; mais
elle donne à penser. A bâtir l’histoire. Je l’ai cherchée en
vain dans les archives, dans les papiers, dans les campagnes de mon
pays.
Maintenant
je sais : cette image doit manquer ; et je ne la cherchais pas -
ne serait-elle pas obscène ? Alors je la fabrique. Ce que je
vous donne aujourd’hui n’est pas une image, ou la quête d’une
seule image, mais le récit d’une quête : celle que permet le
cinéma. »
Avis :
La
première fois que j'ai lu le texte, je n'ai pas saisi la réflexion
autour de l'image, je n'ai pas su apprécier la poésie du texte et
la mise en scène des crimes et des paroles du régime Khmer rouge.
Et pourquoi ? Parce que je n'avais pas vu le film. Pour moi, le
texte est indissociable du film documentaire. Pour comprendre l'un il
faut avoir l'autre. Une fois que j'ai vu le film, j'ai compris la
poésie des images et des mots, les métaphores - par exemple la
première qui compare le souvenir à la vague (oui dit de cette
manière, cela paraît abstrait...) ; j'ai également saisi le
ton calme et posé si caractéristique de M. Panh, qui permet de bien
considérer la réflexion. J'ai pu mettre une image sur les mots et
par juxtaposition en dégager un sens.
Plus
que la sincérité du propos de Rithy Panh, de sa démarche (que
j'explique avec plus de précision dans ma chronique de L’Élimination), j'ai apprécié la poésie du texte,
qui n'est pas très présente dans le livre. Je trouve qu'elle donne
un poids aux mots de Rithy Panh, qui sont comme des armes contre les
Khmers rouges, mais aussi une certaine sagesse, puisqu'on sent que
chaque mot est pesé et que rien de ce qui est dit n'est amplifié.
J'ai
donc beaucoup apprécié ce livre et ce film, qui en plus d'être
esthétiques ont un sens profond qui permet une réflexion sur l'art,
le cinéma, la rigueur historique et d'autres notions primordiales de
la part du lecteur. Je vous conseille donc vivement de lire et
regarder L'image manquante, sans quoi vous passeriez à
côté d'une grande œuvre.
Pour
aller plus loin :
Pour
comprendre la démarche de Rithy Panh, il faut regarder un de ses
films. Vous avez un grand choix. Bien sûr, L'image manquante,
que je vous conseille vivement de regarder, mais aussi S21- La
machine de mort khmère rouge, Duch, le maître des
forges de l'enfer, etc... Je vous invite également à jeter
un coup d’œil à la critique de son livre L’Élimination.
Et
vous ?
Avez-vous
lu ce livre et regarder ce film ? Qu'en pensez-vous ?
Quel(s)
livre(s) lisez-vous en ce moment ? Quel votre dernier coup de
cœur cinématographique ?







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