« On écrit et on lit de la poésie non pas parce que c'est joli, mais parce qu'on fait partie de l'humanité. On écrit et on lit de la poésie parce que les hommes sont des êtres de passion. »
- N.H. Kleinbaum, Le Cercle des poètes disparus, chapitre 5


Auteur : N.H. Kleinbaum
Genre : roman
Parution :1990
Édition : Le Livre de Poche
Résumé (de l'édition, dernier paragraphe coupé car énorme spoiler) :
Il fut leur inspiration. Il a transformé leur vie à jamais.
A Welton, un austère collège du Vermont, dans les années 60, la vie studieuse des pensionnaires est bouleversée par l'arrivée d'un nouveau professeur de lettres, M. Keating.
Ce pédagogue peu orthodoxe va leur communiquer sa passion de la poésie, de la liberté, de l'anticonformisme, secouant la poussière des autorités parentales, académiques et sociales.
Le roman du film-événement de Peter Weir, Oscar 1990 du meilleur scénario, qui a bouleversé des centaines de milliers de spectateurs.

Avis :
Que dire de ce roman, si ce n'est qu'il est à la fois bouleversant, plein d'humour, de réflexion, de poésie, de légèreté et de fatalité ? Alternant les points de vue des personnages, ce livre, qui prend pour décor le collège britannique de Welton, m'a fait passée de la joie à la tristesse, en passant par des fous rires lors des réunions à la grotte du Cercle des Poètes Disparus. Le roman est adapté du film, et en ayant lu le livre avant de voir le film, j'ai remarqué qu'ils étaient très similaires, bien que le livre contienne plus de scènes et en prolonge certaines (ce qui me fait préférer le livre). Les jeunes protagonistes sont d'emblée très attachants, et le professeur Keating est un professeur que j'aurais adoré avoir en cours, drôle, anti-conformiste, poète et profondément humain. J'ai particulièrement apprécié la beauté du texte (les paroles de Keating sont un vrai régal, bien plus littéraires que dans le film), les poèmes choisis (Walt Whitman en tête, et bien sûr Shakespeare, mais aussi H.D. Thoreau), et la réflexion sur la vie que propose l'auteur. La fin est particulièrement frappante et explique certainement le succès du film et du livre.

Ce livre, humain, drôle et poétique, est donc une ode à la liberté et invite chacun à profiter de la vie. Un carpe diem de 1990 qui sera éternellement d'actualité. Un coup de cœur !

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« Le monde n'est pas face à un choc de civilisations ou de cultures, mais face à un affrontement entre ceux qui souhaitent jeter des passerelles et ceux qui s'efforcent de semer la haine et de nous diviser. Et si le travail des médiateurs est certainement difficile, chaque génération produit des personnes vivant en accord avec leurs convictions et cherchant des terrains d'entente. »
- Souad Mekhennet, I was told to come alone, Epilogue


Auteur : Souad Mekhennet
Genre : témoignage
Parution : 2017 (28/02/2018 pour la traduction en français)
Édition : Virago
Résumé (de l'édition Broché) :
Le visage masqué par son voile, Souad avance entre des fidèles armés de Kalachnikov. Elle va rencontrer l’un des hommes les plus recherchés et les plus dangereux de la planète, un terroriste qui a ensanglanté les rues de plusieurs villes occidentales. Quotidiennement, Souad met sa vie en jeu pour s’infiltrer dans des zones interdites, débusquer des chefs de guerre et enquêter dans l’ombre pour révéler au grand public les rouages secrets de Daech. Depuis 2001, elle est devenue une spécialiste mondiale du djihadisme. Dans ce témoignage aussi captivant qu’un thriller, elle raconte les centres d’entraînement et les séances de torture. Souad explique comment elle a réussi à connaître le nom des terroristes de Paris bien avant les autorités. De l’intérieur, ce livre restitue un portrait exceptionnel des fous d’Allah qui menacent l’Europe. Une enquête édifiante et effrayante. Une femme journaliste infiltrée au cœur du terrorisme islamiste.

Avis :
Ce livre se démarque par sa singularité, due in fine à celle de son auteure et du destin tout à fait incroyable de celle-ci. En effet, Souad (la chanceuse en arabe) est d'une humanité, d'une intégrité et d'un courage rares. De plus, ses origines, marocaines et turques, sunnites et chiites, son enfance vécue en Allemagne et sa famille lui donnent une très grande ouverture d'esprit, lui évitent l'impasse d'une vision binaire (les démocraties occidentales vs les autres civilisations ou encore les sunnites vs les chiites), et la poussent à ne cesser de chercher à comprendre les rouages du monde dans lequel nous vivons. Sa témérité, sa maîtrise de la langue arabe (mais aussi celles allemande, française et anglaise !) et sa religion (l'islam) lui ont ouvert les portes d'un monde connu de tous mais qu'on a pourtant tellement de mal à comprendre : le monde de l'islamisme radical, Al Qaïda et l’État islamique. Ce sont les coulisses d'un monde vraiment dangereux que l'on découvre, mais aussi difficilement compréhensible et infiniment frustrant. Ce livre offre une remise en question de l'interventionnisme américain et occidental au Moyen-Orient, et nous fournit des éléments de réponses à la radicalisation de jeunes Européens. Ce roman a bien évidemment une valeur autobiographique puisqu'elle y fait part de sa vie, son enfance, et aussi bien les personnes formidables dont elle a croisé la route que de la discrimination à laquelle elle a dû faire face. Elle explique également sa vision du journalisme, c'est-à-dire la confrontation de tous les points de vue, l'éthique, la protection des sources, le travail sur le terrain...
Ce livre est riche de faits réels, d'anecdotes, de témoignages, de réflexions. Il se lit un peu comme un thriller, mais il est placé sous le signe de l'honnêteté intellectuelle, ce qui nous rend encore plus stupéfaits de ce qu'on y découvre.

Il s'agit donc d'un témoignage, de faits aussi réels qu'incroyables, de la vie d'une journaliste musulmane téméraire et intègre, et finalement d'une mine d'informations nécessaire pour comprendre la « guerre contre la terreur ».

C'est donc un livre à lire, car il est « tourné vers les êtres », les jeunes qui se radicalisent, les minorités victimes de racisme, les familles brisées, les victimes des attentats...
Or comme l'a dit Martin Luther King JR :
« Il est grand temps de passer d'une société orientée vers les choses à une société tournée vers les êtres. Si l'on pense que les machines et les ordinateurs, le profit et les droits de propriété sont plus importants que les personnes, alors le trio de géants – racisme, matérialisme, et militarisme – est impossible à vaincre. »
- « Au-delà du Vietnam. Le moment de briser le silence. »,
discours prononcé à New York le 4 avril 1967.
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Auteur : Guillaume Prigent
Genre : manuel
Parution : 2017 (la traduction date de 2014)
Édition : Librio

Résumé (de l'édition) :
Classique de l'argumentation (et de la mauvaise foi) au succès inégalé, L'Art d'avoir toujours raison est le livre de chevet des apprentis rhéteurs. Mais ce texte n'est pas si accessible qu'on le croit. Dans cette édition, retrouvez le texte intégral de Schopenhauer, expliqué, commenté et illustré par un professeur d'éloquence. Chacun des 38 stratagèmes est décrypté, éclairé par un exemple tiré de l'actualité politique, de la littérature ou du cinéma, et se voit attribuer la parade pour savoir non seulement l'utiliser, mais aussi s'en défendre.

Avis :
Tout d'abord, il est nécessaire de faire la distinction entre « avoir raison » et la vérité. On peut gagner un débat et avoir raison aux yeux du public sans avoir vraiment raison, au sens d'être dans le vrai, d'être le plus proche de la vérité. Cette distinction est la base même du livre : on ne cherche pas à dire la vérité mais à avoir raison, point final. Comme le dit Pierre Mazard (interprété par Daniel Auteuil) dans Le Brio, « Avoir raison ! La vérité, on s'en fout ! ». C'est d'ailleurs ce film, dans lequel jouent Daniel Auteuil donc, mais aussi la formidable Camélia Jordana, qui a éveillé ma curiosité. Un livre magique vous permettant d'avoir toujours raison, j'avais vraiment hâte de le lire.
Et je n'ai pas été déçue. Ce n'est pas vraiment un livre magique, en réalité le principe est très simple : pour gagner un débat, une discussion ou autre, il faut vaincre l'adversaire. Ce livre se compose donc de trente-huit stratagèmes à adopter dans trente-huit situations différentes, c'est-à-dire en fonction de votre adversaire, ses capacités, ses idées, son caractère, son passé, son érudition, mais aussi du public, de vos arguments, etc. Bref, il s'agit d'un manuel ô combien machiavélique (au sens de pragmatique et amoral) qui vous permettra de vous dépatouiller de n'importe quelle situation, pourvu que vous n'ayez pas trop de considérations morales pour votre adversaire... Mais, comme l'indique l'auteur, le but de cet ouvrage est surtout de se défendre dans le cas où votre opposant se servirait d'un de ces stratagèmes pour vous contrer.
Ce que j'ai apprécié dans ce livre est la clarté de l'explication, les exemples concrets tirés aussi bien de débats télévisés, que de dialogues platoniciens ou de films et le paragraphe « comment s'en défendre ? ». Le livre se lit très vite, et les exemples tirés de débats politiques m'ont bien fait rire. Le bouquin en lui-même est abordable, d'un point de vue intellectuel donc, mais aussi financier (3€, pas de quoi se ruiner). Par ailleurs, cet ouvrage m'a appris à reconnaître certains stratagèmes lors de débats et par la même occasion la mauvaise foi révoltante de certains politiciens (je la percevais déjà, mais là, c'est carrément immanquable). Ce que j'ai moins apprécié, en revanche, est la redondance de certains arguments : Schopenhauer lui-même le dit, certains stratagèmes sont vraiment très similaires. Quant à la distance morale, la grande froideur avec laquelle le philosophe considère le débat, je dirais que chacun est libre de faire ce qu'il veut, qu'il ne faut pas prendre ce manuel au pied de la lettre et qu'il peut être justifié d'utiliser ces moyens (quitte à faire preuve de mauvaise foi) pour parvenir à un but juste (d'un point de vue moral).

Ce livre est donc un bon outil facile d'accès pour former l'esprit critique, et bien sûr, pour apprendre et maîtriser la rhétorique !

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« Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. »
L'étranger, Partie 1, chapitre I


Auteur : Albert Camus, prix Nobel de littérature en 1957 (L'étranger est son premier roman)

Genre : roman
Parution : 1942
Édition : folio

Résumé (rédigé par moi-même) :
Dans ce court roman, nous suivons Meursault, un personnage-narrateur pas comme les autres puisqu'il semble passif, comme s'il était incapable d'éprouver le moindre sentiment. L'action se déroule à Alger, où vit Meursault, pied-noir. Le livre, divisé en deux parties, commence avec l'enterrement de la mère du protagoniste. On découvre alors la vie tranquille de Meursault pendant l'été (partie 1) et la tournure totalement inattendue qu'elle prend lorsque Meursault « [frappe] sur la porte du malheur » (partie 2).

Avis :
La découverte de Meursault dès les premières pages m'a déconcertée : jamais un personnage n'avait été aussi passif, déconnecté de notre réalité, presque robotique que dans ce livre. C'est très perturbant de se retrouver dans la conscience de quelqu'un qui paradoxalement ne semble pas en avoir. Meursault est finalement « étranger » aux émotions, à ses semblables, à sa propre vie. Le début du livre passé, on apprécie le recul avec lequel le personnage envisage les choses. On constate alors un monde encore plus difficile à saisir que le personnage : un monde absurde, irrationnel, auquel les Hommes tentent vainement de donner un sens. Ce monde est pourtant celui que nous connaissons, ce n'est pas un univers absurde comme celui des livres de Kafka. Meursault semble errer au sein d'une société insensée dont il est impossible de s'émanciper ; il y rencontre d'autres personnages, Salamano, le voisin qui bat son chien (pas très sympathique), Raymond Sintès, autre voisin pas très vertueux, Marie, la dactylo (un repère de « normalité » auquel on a envie de s'accrocher), et un ami, Masson. Contrairement à Meursault, tous semblent décider à mener leur vie comme ils l'entendent, à refuser la fatalité que seul le narrateur perçoit. Cet anti-héros est non pas immoral mais amoral, ce qui le rend finalement assez déprimant voire énervant. Son comportement vis-à-vis de Marie m'a vraiment exaspérée. Son acte injustifié à la fin de la première partie m'a laissé pour le moins perplexe. La façon de vivre et de penser de Meursault révolte et il n'est pas aisé de comprendre sa logique (certainement parce que justement, il n'y en a pas) : Si la vie n'a vraiment pas d'intérêt pour lui, pourquoi se donne-t-il la peine de la vivre ?
Enfin, je préfère les personnages avec une personnalité, un peu plus enthousiastes, un peu plus humains dirais-je même, qui ont un intérêt pour eux-même et ne sont pas des outils pour démontrer un pensée, celle de l'auteur.
En résumé, on trouve dans L'étranger un roman dépaysant qui se démarque par l'originalité de son protagoniste, de son univers et par la justesse de sa réflexion existentielle, qu'il ne faut pas prendre au pied de la lettre, mais plutôt remettre en question, pour finalement trouver un sens et un but à la vie que nous menons.

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L'étranger

by on 15:35
«  Aujourd’hui , maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. » L'étranger , Partie 1, chapitre I Auteur :  Alber...