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Près de 300 millions d'armes sont en circulation aux États-Unis, selon les statistiques du magazine America. En effet, le deuxième amendement de la Constitution des États-Unis d'Amérique garantit le droit du port d'arme par tout citoyen américain, permettant ainsi aux civils de se protéger. Mais c'est aussi avec ces armes que de nombreux meurtres et attentats sont commis sur le sol américain. Toujours selon America, depuis le massacre de Sandy Hook du 14 décembre 2012, qui a fait 28 morts, dont 20 enfants, plus de 1500 tueries de masse (plus de quatre personnes touchées) ont eu lieu.
Mais, comme le souligne Simone Weil, la philosophe du XXème siècle, à propos des conflits humains, « Si le péril est si grave, c'est sans doute en partie à cause de la puissance des instruments de destruction que la technique a mis entre nos mains ; mais les instruments ne partent pas tout seuls, et il n'est pas honnête de vouloir faire retomber sur la matière inerte une situation dont nous portons l'entière responsabilité. » (Ne recommençons pas la Guerre de Troie, 1937)
Il faut donc chercher la raison qui pousse tant de personnes à commettre de tels actes. Les médias emploient souvent le terme de culture de la violence aux États-Unis. Mais qu'en est-il vraiment ? L'essai de Stephen King, intitulé De la violence en Amérique, publié dans l'édition 4 du magazine America, apporte un nouvel éclairage sur cette question.

L'essai est divisé en six parties :
1) Le choc
2) Rage
3) Des ivrognes dans un bar
4) Culture de la violence
5) De mes mains mortes et froides
6) Pas de solution mais des mesures raisonnables

La première partie met en lumière le schéma répétitif du déroulement des tueries : la tuerie, la réaction des médias, la relance du débat sur le port d'armes, et enfin l'oubli progressif, jusqu'à la prochaine attaque. La seconde parle de Rage, un roman écrit par Stephen King lorsqu'il était adolescent, qu'il a plus tard remanié et publié en 1977. L'auteur a décidé de le retirer de la circulation, car de jeunes déséquilibrés prenaient exemple sur le héros du livre, Charlie Decker, pour commettre des tueries dans leurs écoles ; il cite notamment Jeff Cox, Dustin Pierce, Barry Loukaitis et Michael Carneal.
Devant le nombre croissant de tueries de masse, pourquoi aucune solution n'a été trouvée ? Aucun plan mis en action ?
C'est ce que Stephen King explique dans les passages suivants : le débat entre Républicains et Démocrates est stérile... En fait il n'y en a pas. Un peu comme une conversation entre deux ivrognes : chacun essaie de prouver que l'autre a tort sans écouter ses arguments. De plus, il existe la National Rifle Association qui défend le port d'armes et a une influence non négligeable sur une partie des personnalités politiques. La NRA est un vrai problème pour monsieur King, car ses membres sont des « contradictions ambulantes » et ne voient pas le lien entre le port d'armes (n'importe quel calibre et sans restriction) et les tueries de masse. En gros, si les victimes avaient été armées, il n'y aurait pas eu autant de morts...
Le problème a pris trop d'ampleur pour qu'une solution simple et efficace puisse le résoudre. Néanmoins, les trois initiatives majeures annoncées par Obama en 2013 pourraient déjà diminué le nombre de massacres. Il s'agit, pour faire court, des vérifications exhaustives et universelles des antécédents, l'interdiction de la vente de chargeurs d'une contenance de plus de dix cartouches (pour King, sept suffiraient, mais dix, c'est déjà bien), et enfin l'interdiction de la vente de fusils d'assaut tels que le Bushmaster et l'AR-15.
Quant à la culture de la violence en Amérique, pour monsieur King, elle est « un mensonge intéressé, édicté par certains fondamentalistes religieux et ces as de la propagande que sont les proxénètes pro-armes américains. » Il écrit même plus haut : « cette idée que l'Amérique existe dans une culture de la violence, c'est des conneries. L'Amérique existe dans une culture de Kardashian. » (Vous noterez que ce n'est pas non plus très flatteur...) Il appuie cette déclaration sur des statistiques sur le genre de films, de jeux vidéos que les Américains aiment. Les citoyens des États-Unis ne semblent guerre être intéressés par les armes à feu.


Vous l'aurez compris, le problème du port d'armes est une question de grande envergure aux États-Unis qui attise les passions. Selon Stephen King, son origine ne réside pas dans une soi-disant culture de la violence, mais plutôt dans l'accès pas assez réglementé aux armes à feu. En Californie, un enfant de 14 ans est en droit d'acheter une arme... Des mesures raisonnables de restriction du droit au port d'arme(s) sont donc nécessaires.
Un article à la page 10 (opinion) du New York Times (4 janvier 2018) nous apprend aussi que 54% des tueries de masse (plus de quatre victimes) sont liées à la violence domestique. Le journaliste voudrait donc que soit créée une base de données efficace pour que soit interdit l'accès aux armes à feu à toute personne considérée comme dangereuse pour lui-même ou autrui par son entourage proche et/ou sous ordonnance restrictive.


Le but de cet article était de vous résumer cet essai que je trouvais très intéressant (la réfutation de la culture de la violence notamment) et très bien argumenté. De plus il est écrit par Stephen King, un écrivain INCONTOURNABLE, maître de l'horreur et du thriller ; et le style de l'essai est à la fois surprenant et particulièrement adapté au sujet traité : il concerne tous les individus américains confondus et implique une prise de position sans équivoque puisqu'il implique les valeurs de chacun.


Je vous invite donc à lire cet essai, que vous trouverez facilement en kiosque. Le magazine America apporte par ailleurs de nombreux éléments aidant vraiment à la compréhension des États-Unis aujourd'hui ; c'est d'ailleurs son but, puisqu'il a été créé à la suite de l'élection de Donald Trump, un événement qui n'a laissé personne indifférent. Les écrivains choisis, les thèmes et les illustrations sont fabuleux, et le magazine vaut donc son prix, même s'il peut paraître élevé (19 € en France). Je vous le conseille vivement !

Retrouvez America sur http://america-mag.com/ !

Et vous ?
Que pensez-vous du port d'armes aux États-Unis ? Quels magazines ou livres lisez-vous en ce moment ? Rendez-vous sur les réseaux sociaux et dans les commentaires !



Le Sirien, ami de Micromégas et long de deux kilomètres, tenait dans la paume de sa main droite Donald Trump, Socrate et Raphaël. Ils discutaient de la volonté de Donald Trump de faire la guerre à la Corée du Nord.

Trump, en colère, s'exclama :
« La Corée du Nord cherche des ennuis. Si la Chine décidait d'aider, ce serait formidable. Sinon, nous résoudrons le problème sans elle ! »
Il frappa du poing sur la table.
« J’ai dit à Rex Tillerson, notre merveilleux secrétaire d’État, qu’il perd son temps à négocier. »
Il regarda au loin.
« Conserve ton énergie, Rex, nous ferons ce que nous devons faire. »
Raphaël dit alors, plein de lassitude :
« Les princes ne songent qu'à la guerre (art qui m'est inconnu et que je n'ai aucune envie de connaître). Ils négligent les arts bienfaisants de la paix. »
« Ah, malheureux ! s'écria le Sirien avec indignation, peut-on concevoir cet excès de rage forcenée ? Il me prend envie de faire trois pas, et d'écraser de trois coups de pied toute cette fourmilière d'assassins ridicules. »
Raphaël acquiesça, et reprit :
« Les Utopiens ont la guerre en abomination, comme une chose brutalement animale, et que l'homme commet plus fréquemment qu'aucune espèce de bête féroce. »
Le Sirien frémit et demanda quel pouvait être le sujet de ces horribles querelles entre de si chétifs animaux.
Trump expliqua les lancers de missiles de son ennemi Kim Jong-un. Il conclut, très fâché contre lui :
« La Corée du Nord ferait mieux de ne plus proférer de menaces envers les États-Unis »
Il montra à ses interlocuteurs à quel point le leader nord-coréen le provoquait :
« Le leader nord-coréen Kim Jong-un vient d'affirmer que le bouton nucléaire est sur son bureau en permanence - informez-le que moi aussi j'ai un bouton nucléaire, mais il est beaucoup plus gros et plus puissant que le sien, et il fonctionne ! »
Socrate tenta de lui faire entendre raison :
« Il ne faut pas répondre par une injustice lorsqu'on a subi une injustice, comme le pensent les gens, puisqu'il ne faut jamais être injuste. »
« En fait, faire du mal aux hommes n'est en rien différent d'être injuste. »
« Il ne faut donc ni répondre à l'injustice par l'injustice ni faire du mal à un homme, pas même s'il te fait subir un tort, quel qu'il soit. »
Raphaël expliqua ensuite que le motif de M. Trump n'était pas assez grave pour se lancer dans une guerre nucléaire, en prenant l'exemple des Utopiens, un peuple sage :
« Les Utopiens ne font jamais la guerre sans de graves motifs. Ils ne l'entreprennent que pour défendre leurs frontières, ou pour repousser une invasion ennemie sur les terres de leurs alliés, ou pour délivrer de la servitude et du joug d'un tyran un peuple opprimé par le despotisme. En cela, ils ne consultent pas leurs intérêts, ils ne voient que le bien de l'humanité. »

Les sources :

Tout ce qui est entre guillemet est tiré de livres ou de tweets de Trump.
Pour le Sirien, ses paroles sont tirées du chapitre VII de Micromégas de Voltaire, ainsi que la didascalie « Le Sirien frémit et demanda quel pouvait être le sujet de ces horribles querelles entre de si chétifs animaux. »
Pour Socrate, je suis allée chercher ses conseils dans Criton de Platon.
Enfin, pour Raphaël, j'ai recopié quelques passages de L'Utopie de Thomas More, notamment dans De la guerre le Livre second pour l'exemple des Utopiens, et dans le Livre premier pour sa première intervention.
J'ai trouvé les tweets de Donald Trump traduits en français dans des journaux en ligne (https://www.francetvinfo.fr, http://www.sudouest.fr, http://www.lepoint.fr).

Enfin, l'idée de ce dialogue m'est venue en lisant l'édition du journal The New York Times du 11-12 novembre 2017, en particulier leur article intitulé « Socrates in the age of Trump », alors que je venais de lire Criton.


Ma bibliothèque est ma whare taonga (en maori), c'est-à-dire ma maison de trésors. Mais en quoi les livres sont-ils des trésors ? A quoi servent-ils ? Qu'apportent-ils ? C'est parti pour mes six très bonnes raisons d'apprécier les livres, qui pour moi sont les meilleurs amis de l'humain, bien avant les chiens !

1. Les livres nous enseignent un large panel d'informations
C'est la raison la plus évidente : plus vous lisez, plus vous apprenez. C'est pourquoi on apprend à lire dès le CP des livres et non pas uniquement des documents utiles dans la vie de tout les jours. On apprend aussi bien du vocabulaire (encore et toujours, même quand on est adulte) que des traditions, les cultures d'autres pays, des façons de penser d'autres époques... Bref, la littérature contient un grand et éternel savoir à portée de main.

2. Les livres font partie du patrimoine national
Lire, c'est comme visiter un musée ou un monument : vous enrichissez votre culture en prenant connaissance du patrimoine culturel de votre pays, ou d'un autre. Connaître Victor Hugo, Zola, Molière, Voltaire, et les autres, c'est important. Ils ont influencé de nombreux courants de pensée et sont toujours des sources d'inspiration pour nos artistes contemporains. De plus, vous remarquerez que la France est bien servie niveau littérature. Il ne vous reste plus qu'à foncer !

3. La littérature et l'art expriment l'inexprimable
Si vous avez lu un livre de Rithy Panh ou de Primo Levi ou tout autre auteur ayant vécu un génocide, vous voyez ce que je veux dire. Oui, les documentaires nous apportent des images choquantes de génocide qui nous émeuvent. Mais est-ce pour cette raison que nous avons la moindre idée de ce que c'est de vivre une telle horreur ? Quand on lit un témoignage, on peut mieux se représenter les choses : on peut voir des images, mais aussi ce qu'il y a derrière, le vécu, les sentiments. C'est pourquoi les documentaires, l'explication faits historiques, doivent selon moi être complétés par des témoignages artistiques (photographies, films, arts plastiques...) et littéraires. L'explication des faits est très importante, car elle permet à chacun de connaître la vérité toute nue, la plus objective possible. Mais les arts et les mots ont ce pouvoir de transmettre une certaine émotion, et de cette manière ils nous font prendre conscience de toute l'ampleur de ces atrocités. A travers cet exemple, on comprend que la littérature est un langage universel. A condition qu'ils soient traduits dans notre langue, on voit ce que veulent dire les écrivains d'autres cultures, que ce soit un norvégien comme Ibsen, un romain comme Horace (carpe diem) ou une iranienne comme Azar Nafisi. On comprend beaucoup de points de vue par l'écrit, ce qu'on aurait du mal à comprendre vus de l'extérieur. Connaître mieux d'autres ressentis, d'autres mentalités, me paraît indispensable dans un monde globalisé comme le nôtre.

4. Les livres sont un merveilleux moyen pour les écrivains d'utiliser leur liberté d'expression
Vous avez entendu parler de cette histoire aux États-Unis, selon laquelle Trump souhaite faire interdire un livre, Fire and Fury : Inside the Trump White House, un livre qui raconte les coulisses de la Maison Blanche depuis l'arrivée de monsieur Trump. Cela montre une chose : la liberté d'expression se retrouve dans les livres. On peut aussi penser aux auteurs engagés, qui se servent de leurs livres pour faire passer leur message. Lire, c'est donc écouter la parole d'écrivains (libre à vous d'être d'accord ou non), et c'est donc perpétuer la liberté d'expression. Vous ne souhaitez pas vivre dans le monde de Fahrenheit 451, non ?

5. Les livres remontent le moral
J'en conviens, cela dépend du livre. Mais ne vous est-il jamais arrivé d'avoir le moral dans les chaussettes, de prendre une tisane, un bon livre et de vous sentir mieux ? Cela fonctionne aussi avec les films, me direz-vous, mais il y a une différence. On se sent plus proche du personnage dans un livre, et de facto on s'identifie plus à lui ; et lorsqu'il arrive quelque chose de bien au héros, l'émotion est plus tangible que dans un film.

6. Pour le plaisir de lire !
Dernière raison et pas des moindres : le plaisir qu'on a en lisant. Certaines personnes répondront : moi, j'aime pas lire ! Mais devant les multitudes de livres tous différents les uns des autres, que les milliers d'auteurs des siècles précédents nous ont légués, je pense que ces personnes n'ont tout simplement pas encore trouvé le type de livre qui les fasse vibrer. Certains livres, sans parler de l'histoire qu'ils racontent, sont beaux. Et c'est pourquoi on raffole autant des livres. Vous noterez de plus que les livres, en particulier les classiques les plus répandus, ne coûtent pas chers.

Voilà donc mes cinq très bonnes raisons de lire.

Et vous ?
Quels sont les raisons pour lesquelles vous lisez ? Que pensez-vous du rôle de la littérature ? De l'art ? Rendez-vous dans les commentaires et sur les réseaux sociaux !



Dernièrement, je suis allée voir Blade Runner 2049 et Thor : Ragnarok. Deux films complètement différents mais que j'ai beaucoup appréciés. Une occasion de vous partager un peu mon avis ! Bonne lecture !

Blade Runner 2049
J'avais vu au préalable le premier Blade Runner, ce que je vous conseille pour apprécier pleinement le film. Et je n'ai pas du tout été déçue de cette suite (ce qui est d'habitude le cas...). L'histoire est vraiment bien pensée, les réplicants sont toujours présents, les blade runners également... Bref, tout ce qu'il fallait pour faire un film pas mal. Mais là les décors et la musique sont grandioses et le casting trois étoiles (Harrison Ford, mon acteur chouchou du moment Ryan Gosling, mais aussi Ana de Armas, Sylvia Hoeks, etc.) ! Ce film est un vrai bijou visuel et sonore. Un bijou un peu lourd tout de même : le film dure 2h44... Mais jamais on ne s'ennuie, car la tension est permanente, en partie grâce à cette musique ultra angoissante et géniale (un peu paradoxal mais c'est vraiment quelque chose à voir et entendre).
Bref, cela a été un vrai coup de cœur pour moi ! Je ne peux que vous le conseiller.

Thor : Ragnarok
On change totalement de registre et de ton. Loin de l'angoisse et du scénario complexe de Blade Runner, on arrive dans un film de super-héros aux allures de parodie. En effet, on se moque gentiment des stéréotypes du super-héros parfait ou torturé, en malmenant Thor et en faisant intervenir une planète avec un dictateur complètement absurde. J'ai beaucoup rigolé ; c'est un film qui détend. Rajoutez les scènes de combat, le 3D et les effets spéciaux et voilà la garantie d'un bon moment entre amis ou en famille !

Et voilà pour mes impressions sur ces deux films du moment !

Et vous ?
Êtes-vous allés récemment au cinéma ? Que pensez-vous des films à l'affiche ?

Rendez-vous dans les commentaires et sur les réseaux sociaux !

Update Films !

by on 22:47
Dernièrement, je suis allée voir Blade Runner 2049 et Thor : Ragnarok . Deux films complètement différents mais que j'ai beaucou...


Je suis allée avec mes amies le samedi 7 octobre au théâtre voir Les Misérables de Victor Hugo adapté et mis en scène par Manon Montel. Nous avons eu droit à une conférence avant la séance où Manon Montel et Anatole de Bodinat sont intervenus pour, d'un côté, nous expliquer les choix de mise en scène, et d'autre part, nous présenter leurs études et leurs parcours. Étant donné qu'il y aura d'autres représentations, au théâtre Lucernaire notamment, je vous livre mon avis sur cette pièce. Bonne lecture !

La première chose à savoir sur cette pièce est la raison qui a poussé Manon Montel à adapter 1800 pages de roman en pièce de théâtre d'une heure trente. En 2012, l'ancienne adjointe à la culture de Nemours lui a commandé, a-t-elle expliqué, l'adaptation des Misérables en pièce de théâtre d'une heure trente avec au maximum huit comédiens.
Bien sûr, faire du roman-fleuve de Victor Hugo une pièce de théâtre, courte qui plus est, constituait un gros challenge ! Mais la metteuse en scène s'est appliquée à cette tâche avec beaucoup de rigueur : pour mettre en dialogue les passages choisis, elle a utilisé les expressions écrites dans les passages narratifs, afin de rester le plus fidèle possible à l'œuvre. Mme Montel a ce souci du respect du texte en raison de sa passion pour la littérature : en parallèle de ses études théâtrales à l’école Claude Mathieu, elle a étudié les lettres modernes à la Sorbonne Nouvelle.

Pour aborder cette œuvre, il a fallu déterminer un axe : cet axe, c'est madame Thénardier. En plus d'être lié à tous les personnages principaux, ce personnage a beaucoup touché la jeune femme, car elle est présentée dans le roman, selon ses dires, comme une personne qui n'était pas « mauvaise en soi », mais que la société a rendu mauvaise. C'est donc cette terrible madame Thénardier qui narre de temps à autre l'histoire des Misérables, accompagnée de son accordéon.
La metteuse en scène a voulu montrer d'une part les injustices du siècle, et d'autre part la raison du combat des révolutionnaires. Mission accomplie selon moi ! De plus, l'émotion et le discours politique se mêlent très naturellement au fil de la pièce. La mort de Fantine, jouée par la metteuse en scène elle-même, est bouleversante.

La pièce est, vous l'aurez compris, une grande réussite et l'une de mes préférées parmi celles que j'ai vues. Les acteurs sont talentueux et jouent de manière très naturelle. Peut-être est-ce dû à la liberté que leur laissent Mme Montel et Stéphanie Wurtz (assistante et directrice d'acteurs) pendant les répétitions, malgré la précision des demandes de la metteuse en scène (cela peut sembler paradoxal, mais c'est ce que nous a expliqué Anatole de Bodinat).

Bref, une pièce à voir !


En janvier 2017, un scandale éclate : Kellyanne Conway, conseillère de l'actuel président des États-Unis, Donald Trump, prononce les mots « alternative facts ». Et c'est là que les réseaux s'emballent et que le monde s'intéresse de nouveau à 1984, une dystopie écrite par un des plus grands auteurs anglais : George Orwell. Mais que se cache-t-il derrière ces mystérieux mots ? Et pourquoi la vente du livre a-t-elle tellement augmenté ? Décryptage immédiat !

1984 est un livre qui donne à son lecteur un nouveau regard sur la société dans laquelle il vit, ce que j'explique dans ma chronique de ce livre. Le personnage principal du livre, Winston Smith, travaille au ministère de la Vérité (miniver, en novlangue, la langue de l'univers du livre), qui est en réalité une institution chargée de falsifier les articles de presse (c'est la mission de Winston), les romans, les films, bref toutes les archives qui témoignent du passé. Dans quel but ? Afin que Big Brother, soit le gouvernement, aie toujours raison. Mais que cela signifie-t-il, exactement ? Que certaines personnes, certainement nuisibles pour le Parti, peuvent tout simplement disparaître. Ainsi, un certain Withers devient un nonêtre. « Il n'existait pas, il n'avait jamais existé. » Son identité est totalement effacée des archives... Autre exemple, Big Brother fait des « prédictions » sur la production de « différentes sortes de marchandises ». Si ces prédictions se révèlent fausses, alors il suffit de modifier les prédictions de Big Brother parues dans le Times pour qu'elles soient vraies. Et il n'y a aucune preuve de tout ceci, comme c'est expliqué dans le chapitre IV :
« Un numéro du Times pouvait avoir été réécrit une douzaine de fois, soit par suite de changement dans la ligne politique, soit par suite d'erreurs dans les prophéties de Big Brother. Mais il se trouvait encore dans la collection avec sa date primitive. Aucun autre exemplaire n'existait qui pût le contredire. Les livres aussi étaient retirés de la circulations et plusieurs fois réécrits. On les rééditait ensuite sans aucune mention de modification. »

Ainsi, quand la conseillère officielle du président mentionne le terme d'« alternative facts » pour désigner les propos finalement démentis de Sean Spicer (il clamait que la cérémonie d'investiture de Trump avait attiré plus de monde que toutes les autres cérémonies d'investiture), on pense à George Orwell et... à son régime totalitaire. Ajoutez au tout que Trump ne croit pas au réchauffement climatique... Et c'est le scandale !

1984 a donc servi de rappel à la population américaine : un président qui remplace des faits avérés (réchauffement climatique) par sa vision du monde (aucun souci écologique voyons !) c'est tout simplement INACCEPTABLE.

De plus, ce livre aborde des sujets encore, voire plus, valables pour notre société actuelle : l’hyper-surveillance en est un exemple. Dans le roman, elle est poussée à son paroxysme, car même dans l'appartement de Winston des caméras et des haut-parleurs sont fixés aux murs. Des personnes le surveillent en permanence et le réprimandent au besoin... Le livre aborde aussi, avec la « semaine de la Haine », le thème de la violence, très présente dans notre société, comme en témoignent les nombreux attentats, dont le dernier à Las Vegas faisant 58 morts.

1984 a été inspiré, on le sent très clairement dans le livre, par l'URSS de Staline. Ce livre est resté comme témoin d'un sombre passé, afin que les populations ne refassent pas les mêmes erreurs. C'est également un roman d'anticipation, puisque les thèmes abordés sont d'importants sujets d'actualité.

Quoiqu'il en soit, cet article avait pour but de vous montrer à quel point les livres, les mots, sont importants.

Et vous, qu'en pensez-vous ?
Avez-vous lu 1984 ? Qu'en avez-vous pensé ? Connaissez-vous des livres similaires ?
Quel(s) livre(s) lisez-vous en ce moment ?
Rendez-vous dans les commentaires et sur les réseaux sociaux !







Féministe dans l'âme, il était évident que je commencerais ce blog avec cet article, qui me trottait dans la tête depuis quelques temps déjà... Surtout avec les récentes évolutions de l'actualité. Trump élu président des États-Unis, abolition de l'IVG dans ce même pays, décès de Simone Veil, discours misogyne du député européen Janusz Korwin-Mikke... Bref, les droits de la femme sont sérieusement menacés. Je vous souhaite donc la bienvenue sur Amber's think tank et une agréable lecture qui aidera, je l'espère, à vous convaincre de vous joindre à la lutte pour les droits des femmes, si ce n'est pas déjà le cas.

L’École des femmes de Molière et Une maison de poupée (de son titre original Et Dukkehjem) d'Ibsen. Deux auteurs, deux nationalités, deux époques. Et pourtant une héroïne et un message quasi identiques.

(Si vous ne connaissez pas ces pièces de théâtre, vous pouvez jeter un rapide coup d’œil aux chroniques que j'en ai faites.)

Agnès et Nora sont en effet des femmes-objets ou disons des femmes aussi dociles et ignorantes que de petits animaux. Nora est l'« alouette », le « petit écureuil » et bien sûr la « poupée » d'abord de son père puis de Torvald Helmer, son mari, tandis qu'Agnès est « une sotte », qui est même allée demander à Arnolphe « si les enfants qu'on fait se faisaient par l'oreille » (acte I, scène 1, vers 164). Pourtant, ces femmes vont s'instruire au fur et à mesure de leur pièce respective pour finalement devenir indépendante, ou du moins choisir leur vie (je ne peux pas entrer dans les détails sans tout vous spoiler...).

On peut dire que Molière est féministe dans la mesure où il promeut l'éducation pour tous : les hommes ET les femmes ; sans tomber bien sûr dans le too much, comme les précieuses ridicules et leur érudition surdéveloppée ! En effet, Chrysalde, l'ami d'Arnolphe, désapprouve totalement le fait qu'il ait maintenu Agnès dans l'ignorance. L'éducation semble donc un droit naturel de la femme. De plus, aux vues du sort d'Arnolphe à la fin de la pièce, on voit bien l'engagement de Molière en faveur de cette éducation pour tous.

L'éducation semble également être importante pour Ibsen. Mais c'est surtout un changement des lois qui serait la clé de l'indépendance de la femme. En effet, Nora veut découvrir par elle-même les réponses aux grandes interrogations sur la religion, sur la vie, sur les lois qu'elle ne comprend pas car elles sont injustes envers les femmes et même sur l'égalité des sexes, comme il est écrit dans la dernière scène du dernier acte :

HELMER
Tu es d'abord et avant tout épouse et mère.

NORA
Cela, je ne le crois plus. Je crois que je suis d'abord et avant tout un être humain, au même titre que toi... ou, en tout cas, que je dois essayer de le devenir. Je sais bien que la plupart te donneront raison, Torvald, et que l'on trouve des choses de ce genre dans les livres. Mais je ne peux plus me contenter de ce que les gens disent et de ce qu'il y a dans les livres. Il faut que je réfléchisse moi-même à ces choses et tâche de voir clair en elles.

Bien sûr, beaucoup de lois ont changé, et l'accès à l'éducation pour tous s'est répondu. Mais pas dans tous les pays, comme en témoigne le combat de Malala au Pakistan par exemple. Et il existe d'autres points sur lesquels les femmes et les hommes ne sont pas égaux (emploi, salaire, etc...). Les inégalités de genre sont toujours présentes, partout. Je finirai donc cet article par une lettre ouverte parue dans le New York Times du 8 mars 2017, traduite par mes soins juste en dessous.

La lettre ouverte en langue originale :

« AN OPEN LETTER FROM GLOBAL CITIZEN + CHIME FOR CHANGE ON INTERNATIONAL WOMEN'S DAY

We have reached a critical moment in history. Recent legislation and rhetoric have put decades of progress for girls and women at risk.

In 2013, we joined with CHIME FOR CHANGE to convene, unite and streghten the voices speaking out for girls and women around the world. Today, we find ourselves under threat of seeing a genneration's worth of a hard-won gains reversed.

All over the world, women are on the frontlines fighting for our future. Yet millions of girls and women are still denied basic equal rights. And recent policies and appointments in the United States jeopardize its position as a global leader and positive rôle model on human rights.

We stand together to say, in a voice louder than ever, that fighting for gender equality is the emergency and the opportunity of our time.

With every generation, our story has spread wider, become more familiar. The voices telling it braver, more powerful. But our story is far from over.

This is about hearing a call – to join us wherever you are. About raising an alarm – drawing attention where there is work to be done. And about celebrating – those who are already showing us, against impossible odds, what is possible.

We believe that connection empowers us. That every voice matters. That each one of us is needed to achieve change. We believe we can do extraordinary things when we come together.

We fight for education. For health. For justice. For every girl. Every woman. Everywhere. We fight for our future. Because none of us can move forward if half of us are held back.

Join us, and take action for gender equality at globalcitizen.org/IWD2017 »

Traduction en français :

« UNE LETTRE OUVERTE D'UN CITOYEN DU MONDE + CHIME FOR CHANGE A PROPOS DE LA JOURNEE INTERNATIONALE DE LA FEMME

Nous avons atteint un moment critique dans l'Histoire. De récents discours et lois mettent en péril des décennies de progrès pour les filles et les femmes.

En 2013, nous nous sommes joints à CHIME FOR CHANGE pour rassembler, unifier et renforcer les voix s'élevant en faveur des filles et des femmes. Aujourd'hui, nous nous retrouvons menacés de voir les acquis pour lesquels toute une génération s'est battue renversés.

Partout dans le monde, des femmes se battant pour leur futur sont en première ligne. Les droits fondamentaux d'égalité ne sont pas encore accordés à des millions de filles et femmes. Et de récentes politiques et nominations aux États-Unis compromettent la position de ce pays en tant que meneur mondial et modèle positif en terme de droits de l'Homme.

Nous nous tenons ensemble aujourd'hui pour affirmer, avec une voix plus forte que jamais, que se battre pour l'égalité des genres est l'urgence et l'opportunité de notre temps.

Avec chaque génération, notre histoire s'est propagée plus largement, est devenue plus familière. Les voix la racontant plus braves, plus puissantes. Mais notre histoire est loin d'être terminée.

Il s'agit d'écouter un appel – de se joindre à nous, où que vous soyez. De donner l'alarme – d'obtenir l'attention là où il y a du travail à faire. Et de célébrer – celles et ceux qui nous montrent déjà, contre les obstacles impossibles, ce qui est possible.

Nous croyons que les relations nous responsabilisent. Que chaque voix compte. Que chacun d'entre nous est nécessaire pour apporter des changements. Nous croyons que nous pouvons faire des choses extraordinaires quand nous sommes réunis.

Nous nous battons pour l'éducation. Pour la santé. Pour chaque fille. Chaque femme. Partout. Nous nous battons pour notre futur. Parce qu'aucun d'entre nous ne peut avancer si la moitié d'entre nous retournent en arrière.

Joignez vous à nous, et agissez pour l'égalité des genres sur globalcitizen.org/IWD2017. »


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