Les Misérables de Victor Hugo mis en scène par Manon Montel



Je suis allée avec mes amies le samedi 7 octobre au théâtre voir Les Misérables de Victor Hugo adapté et mis en scène par Manon Montel. Nous avons eu droit à une conférence avant la séance où Manon Montel et Anatole de Bodinat sont intervenus pour, d'un côté, nous expliquer les choix de mise en scène, et d'autre part, nous présenter leurs études et leurs parcours. Étant donné qu'il y aura d'autres représentations, au théâtre Lucernaire notamment, je vous livre mon avis sur cette pièce. Bonne lecture !

La première chose à savoir sur cette pièce est la raison qui a poussé Manon Montel à adapter 1800 pages de roman en pièce de théâtre d'une heure trente. En 2012, l'ancienne adjointe à la culture de Nemours lui a commandé, a-t-elle expliqué, l'adaptation des Misérables en pièce de théâtre d'une heure trente avec au maximum huit comédiens.
Bien sûr, faire du roman-fleuve de Victor Hugo une pièce de théâtre, courte qui plus est, constituait un gros challenge ! Mais la metteuse en scène s'est appliquée à cette tâche avec beaucoup de rigueur : pour mettre en dialogue les passages choisis, elle a utilisé les expressions écrites dans les passages narratifs, afin de rester le plus fidèle possible à l'œuvre. Mme Montel a ce souci du respect du texte en raison de sa passion pour la littérature : en parallèle de ses études théâtrales à l’école Claude Mathieu, elle a étudié les lettres modernes à la Sorbonne Nouvelle.

Pour aborder cette œuvre, il a fallu déterminer un axe : cet axe, c'est madame Thénardier. En plus d'être lié à tous les personnages principaux, ce personnage a beaucoup touché la jeune femme, car elle est présentée dans le roman, selon ses dires, comme une personne qui n'était pas « mauvaise en soi », mais que la société a rendu mauvaise. C'est donc cette terrible madame Thénardier qui narre de temps à autre l'histoire des Misérables, accompagnée de son accordéon.
La metteuse en scène a voulu montrer d'une part les injustices du siècle, et d'autre part la raison du combat des révolutionnaires. Mission accomplie selon moi ! De plus, l'émotion et le discours politique se mêlent très naturellement au fil de la pièce. La mort de Fantine, jouée par la metteuse en scène elle-même, est bouleversante.

La pièce est, vous l'aurez compris, une grande réussite et l'une de mes préférées parmi celles que j'ai vues. Les acteurs sont talentueux et jouent de manière très naturelle. Peut-être est-ce dû à la liberté que leur laissent Mme Montel et Stéphanie Wurtz (assistante et directrice d'acteurs) pendant les répétitions, malgré la précision des demandes de la metteuse en scène (cela peut sembler paradoxal, mais c'est ce que nous a expliqué Anatole de Bodinat).

Bref, une pièce à voir !

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire