Féministe
dans l'âme, il était évident que je commencerais ce blog avec cet
article, qui me trottait dans la tête depuis quelques temps déjà...
Surtout avec les récentes évolutions de l'actualité. Trump élu
président des États-Unis, abolition de l'IVG dans ce même pays,
décès de Simone Veil, discours misogyne du député européen
Janusz Korwin-Mikke... Bref, les droits de la femme sont sérieusement
menacés. Je vous souhaite donc la bienvenue sur Amber's think
tank et une agréable lecture qui aidera, je l'espère, à vous
convaincre de vous joindre à la lutte pour les droits des femmes, si
ce n'est pas déjà le cas.
L’École
des femmes de
Molière et Une maison de poupée (de son titre
original Et Dukkehjem) d'Ibsen. Deux auteurs, deux
nationalités, deux époques. Et pourtant une héroïne et un message
quasi identiques.
(Si
vous ne connaissez pas ces pièces de théâtre, vous pouvez jeter un
rapide coup d’œil aux chroniques que j'en ai faites.)
Agnès
et Nora sont en effet des femmes-objets ou disons des femmes aussi
dociles et ignorantes que de petits animaux. Nora est l'« alouette »,
le « petit écureuil » et bien sûr la « poupée »
d'abord de son père puis de Torvald Helmer, son mari, tandis
qu'Agnès est « une sotte », qui est même allée
demander à Arnolphe « si les enfants qu'on fait se faisaient
par l'oreille » (acte I, scène 1, vers 164). Pourtant, ces
femmes vont s'instruire au fur et à mesure de leur pièce respective
pour finalement devenir indépendante, ou du moins choisir leur vie
(je ne peux pas entrer dans les détails sans tout vous spoiler...).
On
peut dire que Molière est féministe dans la mesure où il promeut
l'éducation pour tous : les hommes ET les femmes ; sans
tomber bien sûr dans le too much, comme les précieuses
ridicules et leur érudition surdéveloppée ! En effet,
Chrysalde, l'ami d'Arnolphe, désapprouve totalement le fait qu'il
ait maintenu Agnès dans l'ignorance. L'éducation semble donc un
droit naturel de la femme. De plus, aux vues du sort d'Arnolphe à la
fin de la pièce, on voit bien l'engagement de Molière en faveur de
cette éducation pour tous.
L'éducation
semble également être importante pour Ibsen. Mais c'est surtout un
changement des lois qui serait la clé de l'indépendance de la
femme. En effet, Nora veut découvrir par elle-même les réponses
aux grandes interrogations sur la religion, sur la vie, sur les lois
qu'elle ne comprend pas car elles sont injustes envers les femmes et
même sur l'égalité des sexes, comme il est écrit dans la dernière
scène du dernier acte :
HELMER
Tu
es d'abord et avant tout épouse et mère.
NORA
Cela,
je ne le crois plus. Je crois que je suis d'abord et avant tout un
être humain, au même titre que toi... ou, en tout cas, que je dois
essayer de le devenir. Je sais bien que la plupart te donneront
raison, Torvald, et que l'on trouve des choses de ce genre dans les
livres. Mais je ne peux plus me contenter de ce que les gens disent
et de ce qu'il y a dans les livres. Il faut que je réfléchisse
moi-même à ces choses et tâche de voir clair en elles.
Bien
sûr, beaucoup de lois ont changé, et l'accès à l'éducation pour
tous s'est répondu. Mais pas dans tous les pays, comme en témoigne
le combat de Malala au Pakistan par exemple. Et il existe d'autres
points sur lesquels les femmes et les hommes ne sont pas égaux
(emploi, salaire, etc...). Les inégalités de genre sont toujours
présentes, partout. Je finirai donc cet article par une lettre
ouverte parue dans le New York Times du 8 mars 2017, traduite par mes
soins juste en dessous.
La
lettre ouverte en langue originale :
« AN
OPEN LETTER FROM GLOBAL CITIZEN + CHIME FOR CHANGE ON INTERNATIONAL
WOMEN'S DAY
We
have reached a critical moment in history. Recent legislation and
rhetoric have put decades of progress for girls and women at risk.
In
2013, we joined with CHIME FOR CHANGE to convene, unite and streghten
the voices speaking out for girls and women around the world. Today,
we find ourselves under threat of seeing a genneration's worth of a
hard-won gains reversed.
All
over the world, women are on the frontlines fighting for our future.
Yet millions of girls and women are still denied basic equal rights.
And recent policies and appointments in the United States jeopardize
its position as a global leader and positive rôle model on human
rights.
We
stand together to say, in a voice louder than ever, that fighting for
gender equality is the emergency and the opportunity of our time.
With
every generation, our story has spread wider, become more familiar.
The voices telling it braver, more powerful. But our story is far
from over.
This
is about hearing a call – to join us wherever you are. About
raising an alarm – drawing attention where there is work to be
done. And about celebrating – those who are already showing us,
against impossible odds, what is possible.
We
believe that connection empowers us. That every voice matters. That
each one of us is needed to achieve change. We believe we can do
extraordinary things when we come together.
We
fight for education. For health. For justice. For every girl. Every
woman. Everywhere. We fight for our future. Because none of us can
move forward if half of us are held back.
Traduction
en français :
« UNE
LETTRE OUVERTE D'UN CITOYEN DU MONDE + CHIME FOR CHANGE A PROPOS DE
LA JOURNEE INTERNATIONALE DE LA FEMME
Nous
avons atteint un moment critique dans l'Histoire. De récents
discours et lois mettent en péril des décennies de progrès pour
les filles et les femmes.
En
2013, nous nous sommes joints à CHIME FOR CHANGE pour rassembler,
unifier et renforcer les voix s'élevant en faveur des filles et des
femmes. Aujourd'hui, nous nous retrouvons menacés de voir les acquis
pour lesquels toute une génération s'est battue renversés.
Partout
dans le monde, des femmes se battant pour leur futur sont en première
ligne. Les droits fondamentaux d'égalité ne sont pas encore
accordés à des millions de filles et femmes. Et de récentes
politiques et nominations aux États-Unis compromettent la position
de ce pays en tant que meneur mondial et modèle positif en terme de
droits de l'Homme.
Nous
nous tenons ensemble aujourd'hui pour affirmer, avec une voix plus
forte que jamais, que se battre pour l'égalité des genres est
l'urgence et l'opportunité de notre temps.
Avec
chaque génération, notre histoire s'est propagée plus largement,
est devenue plus familière. Les voix la racontant plus braves, plus
puissantes. Mais notre histoire est loin d'être terminée.
Il
s'agit d'écouter un appel – de se joindre à nous, où que vous
soyez. De donner l'alarme – d'obtenir l'attention là où il y a du
travail à faire. Et de célébrer – celles et ceux qui nous
montrent déjà, contre les obstacles impossibles, ce qui est
possible.
Nous
croyons que les relations nous responsabilisent. Que chaque voix
compte. Que chacun d'entre nous est nécessaire pour apporter des
changements. Nous croyons que nous pouvons faire des choses
extraordinaires quand nous sommes réunis.
Nous
nous battons pour l'éducation. Pour la santé. Pour chaque fille.
Chaque femme. Partout. Nous nous battons pour notre futur. Parce
qu'aucun d'entre nous ne peut avancer si la moitié d'entre nous
retournent en arrière.
Envie
de discuter sur ce sujet ? De partager votre avis, votre
expérience, vos livres traitant de ce sujet ?
Rendez-vous
dans les commentaires et sur les réseaux sociaux !