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Dans la nuit calme, la mésange dort. A l'aurore, elle s'en ira. Mais pour lors, on voit éclore, un sémaphore. Un puits de flammes s'esquisse, au fond des abysses. C'est un petit point rouille dans le lointain immobile. Soudain d'un coup sonore, un jet de feu : éruption de lumière, dans le ciel d'encre. Un vieil homme, installé sur son tapis d'étincelles, rallume les soleils, au milieu des ténèbres. Du bout de ses doigts, qu'il agite magiques, s'enfuient des lueurs, privées de crépuscule, en recherche d'un cœur. Un cœur de barbare, un cœur brutal, qui bat de perfidie, pernicieuse tempête. Les éclairs visionnaires se jettent dans un homme, au cœur de fer. Le sang enflammé, enivré de cramé, il se réveille. Au bord du lit, au bord des larmes, ne sachant plus pourquoi il dort, pourquoi il vit, il regarde ses mains. Pour la première fois depuis longtemps, il pleure. Invisible jusqu'alors, son étoile du soir, sa promise, sa mémoire, lui redonne l'espoir. Tandis que les oiseaux rêvent encore, dans les temples d'Angkor, le marchand de sommeils brodés d'or, s'en va avant l'aurore, tranquille... Il laisse glisser, de ses doigts sabliers, un étrange héritage : un parapluie troué. L'homme au cœur percé, s'empare du présent désemparé. Avant de se recoucher, il allume une lanterne, pour observer l'objet. Sous ses yeux ébahis, prend ainsi vie, un photophore. Il éteint son trésor, et puis ferme les yeux, serein. Dans la nuit calme, la mésange dort.



J'ai fait un mauvais rêve
Ça m'arrive, parfois
Quand il fait noir le soir
Les démons se révèlent

Mais il ne fait pas noir
La lumière écrasante
S'envole vers le ciel
Sous les regards sauvages

La croix gammée sourit
Triomphante elle regarde
Les œuvres renégates
Se consumer en cendres

Mais la scène s'éloigne
Il fait de nouveau noir
Et le rideau se lève
Un nouveau mauvais rêve

Elle se tient fière
La grande république
Dite démocratique
Mais au parti unique

L'article trente-cinq
De la constitution
Clament Liu Xiaobo
Et d'autres étudiants

Étouffées dans le sang
Les voix doivent se taire
Un tour du planisphère
Et le monde au courant

En prison envoyé
Il réclame justice
Obtient le prix Nobel
Un combat pacifique

Mais la scène s'éloigne
Il fait de nouveau noir
Et le rideau se lève
Un nouveau mauvais rêve

Des images sanglantes
Ils sortent en courant
Des images bruyantes
Et puis les mots qui manquent

L'effroi du sept janvier
Gardons la tête haute
Ne jamais renoncer
C'est vaincre l'ennemi

On crie « Je suis Charlie »
Car le monde est Charlie
Et il crie « liberté ! »
Car elle est menacée

Charlie est un phœnix
Il renaît de ses cendres
Ne se fait pas attendre
De nouveau il publie

Le monde rend hommage
Et la vie continue
Le souvenir demeure
Et subsiste la peur

Mais la scène s'éloigne
Il fait de nouveau noir
Et le rideau se lève
Un nouveau mauvais rêve

Liberté d'expression !
A Paris crient les Turcs
Liberté d'expression !
En Turquie crient les jeunes

Erdogan au pouvoir
Comment ne pas le voir
Bâillonnés sont les Turcs
On tombe dans l'impasse

J'ai fait un mauvais rêve
Qui n'était pas un rêve
Quand le rideau se lève
Un nouveau mauvais rêve

Mauvais rêve

by on 00:08
J'ai fait un mauvais rêve Ça m'arrive, parfois Quand il fait noir le soir Les démons se révèlent Mais il ne fait pa...