I was told to come alone
« Le
monde n'est pas face à un choc de civilisations ou de cultures, mais
face à un affrontement entre ceux qui souhaitent jeter des
passerelles et ceux qui s'efforcent de semer la haine et de nous
diviser. Et si le travail des médiateurs est certainement difficile,
chaque génération produit des personnes vivant en accord avec leurs
convictions et cherchant des terrains d'entente. »
-
Souad Mekhennet, I was told to come alone, Epilogue
Auteur : Souad
Mekhennet
Genre :
témoignage
Parution :
2017 (28/02/2018 pour la traduction en français)
Édition :
Virago
Résumé
(de l'édition Broché) :
Le
visage masqué par son voile, Souad avance entre des fidèles armés
de Kalachnikov. Elle va rencontrer l’un des hommes les plus
recherchés et les plus dangereux de la planète, un terroriste qui a
ensanglanté les rues de plusieurs villes occidentales.
Quotidiennement, Souad met sa vie en jeu pour s’infiltrer dans des
zones interdites, débusquer des chefs de guerre et enquêter dans
l’ombre pour révéler au grand public les rouages secrets de
Daech. Depuis 2001, elle est devenue une spécialiste mondiale du
djihadisme. Dans ce témoignage aussi captivant qu’un thriller,
elle raconte les centres d’entraînement et les séances de
torture. Souad explique comment elle a réussi à connaître le nom
des terroristes de Paris bien avant les autorités. De l’intérieur,
ce livre restitue un portrait exceptionnel des fous d’Allah qui
menacent l’Europe. Une enquête édifiante et effrayante. Une femme
journaliste infiltrée au cœur du terrorisme islamiste.
Avis :
Ce
livre se démarque par sa singularité,
due in fine
à celle de son auteure et du destin
tout à fait incroyable
de celle-ci. En effet, Souad (la chanceuse en arabe) est d'une
humanité,
d'une intégrité
et d'un courage
rares. De plus, ses origines, marocaines et turques, sunnites et
chiites, son enfance vécue en Allemagne et sa famille lui donnent
une très grande ouverture d'esprit, lui évitent l'impasse d'une
vision binaire (les démocraties occidentales vs les autres
civilisations ou encore les sunnites vs les chiites), et la poussent
à ne cesser de chercher à comprendre les rouages du monde dans
lequel nous vivons. Sa témérité, sa maîtrise de la langue arabe
(mais aussi celles allemande, française et anglaise !) et sa
religion (l'islam) lui ont ouvert les portes d'un monde connu de tous
mais qu'on a pourtant tellement de mal à comprendre : le monde
de l'islamisme
radical,
Al Qaïda
et l’État
islamique.
Ce sont les coulisses d'un monde vraiment dangereux que l'on
découvre, mais aussi difficilement compréhensible et infiniment
frustrant. Ce livre offre une remise
en question de l'interventionnisme américain et occidental au
Moyen-Orient, et nous fournit des éléments de réponses à la
radicalisation de jeunes Européens.
Ce roman a bien évidemment une valeur autobiographique
puisqu'elle y fait part de sa vie, son enfance, et aussi bien les
personnes formidables dont elle a croisé la route que de la
discrimination à laquelle elle a dû faire face. Elle explique
également sa
vision du journalisme,
c'est-à-dire la confrontation de tous les points de vue, l'éthique,
la protection des sources, le travail sur le terrain...
Ce
livre est riche de faits
réels,
d'anecdotes,
de témoignages,
de réflexions.
Il se lit un peu comme un thriller,
mais il est placé sous le signe de l'honnêteté
intellectuelle,
ce qui nous rend encore plus stupéfaits de ce qu'on y découvre.
Il
s'agit donc d'un témoignage, de faits aussi réels qu'incroyables,
de la vie d'une journaliste musulmane téméraire et intègre, et
finalement d'une mine d'informations nécessaire pour comprendre la
« guerre contre la terreur ».
C'est
donc un livre à lire, car il est « tourné vers les êtres »,
les jeunes qui se radicalisent, les minorités victimes de racisme,
les familles brisées, les victimes des attentats...
Or
comme l'a dit Martin Luther King JR :
« Il
est grand temps de passer d'une société orientée vers les choses à
une société tournée vers les êtres. Si l'on pense que les
machines et les ordinateurs, le profit et les droits de propriété
sont plus importants que les personnes, alors le trio de géants –
racisme, matérialisme, et militarisme – est impossible à
vaincre. »
-
« Au-delà du Vietnam. Le moment de briser le silence. »,
discours
prononcé à New York le 4 avril 1967.
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